Expulsé par votre fils, reconnu dans le parc

Jusqu’au jour où, devant la maison, une voiture s’arrêta. En descendit un homme hésitant : Thomas.

« Je cherche mon père… André Morel. »

Marie le fixa d’un regard ferme :

« Il vit ici, oui. Mais souvenez-vous : votre père n’est pas un objet que l’on récupère quand on se sent seul. »

Thomas entra, bouleversé. Face à son père, il balbutia :

« Papa… pardonne-moi. J’ai eu tort. Julie est partie, et j’ai compris ce que j’avais perdu. »

André le regarda longuement. Puis, d’une voix calme :

« Tu aurais pu dire cela plus tôt. Avant le froid, avant les nuits sans toit. Mais je te pardonne. »

L’amour, à tout âge

Thomas proposa à son père de revenir vivre avec lui. André refusa avec douceur :
« Ici, j’ai trouvé la chaleur, le vrai thé et quelqu’un qui prend soin de moi. Pardonner ne veut pas dire oublier. »

Les années passèrent. André et Marie s’installaient chaque jour sur le même banc du parc, main dans la main, nourrissant les oiseaux. Leur bonheur tenait à peu : un sourire, un rayon de soleil, un souvenir partagé.

Un matin, Thomas revint, accompagné d’un petit garçon aux yeux rieurs.
« Papa, voici Léo. Ton petit-fils. Il voulait te rencontrer. »

Léo s’approcha timidement, tendit un dessin : deux personnes assises sur un banc.
« C’est toi et mamie Marie. Papa m’a tout raconté. Maintenant, moi aussi, je veux avoir un grand-père. »

André le serra fort contre lui. Le froid s’effaça. Le banc du parc devint un symbole : celui de la vie qui recommence, malgré tout.

Leave a Comment